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Saint février

  • Photo du rédacteur: MMSEE
    MMSEE
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

« Et les jours que tu manques, ô février, puissent-ils nous être donnés au ciel… »

Tasos Livaditis


La terre commence à peine à concevoir… et Perséphone… entame son ascension…

À l'instar des pas de Perséphone retournant au monde d'en haut, la stérilité de l'hiver, lentement et graduellement, fait germer dans l'obscurité de la terre la manifestation de la fertilité (au printemps venu) de la semence qu'elle porte. De même, la table commune se métamorphose en un espace d'initiation, théâtre d'une révélation philosophique à travers l'interaction des convives.

Tsiknopempti, avec sa fumée qui s'élève et son repas partagé, revêt une symbolique archétypale : la nourriture n'est pas une simple consommation, mais un acte de rencontre. Autour de la table, les gens se mettent sur un pied d'égalité, discutent, rient, partagent.

L’amour qui se déchaîne pendant le Carnaval se manifeste non seulement entre les individus, mais aussi au sein même du lien social, se transformant d’une pulsion sexuelle irrationnelle en une force d’attraction, de cohésion et de communication.

Comme au Banquet de Platon, aujourd'hui encore, le repas partagé peut nous rappeler que l'homme ne se nourrit pas seulement de matière, de nature terrestre. Il se nourrit du Verbe, de la présence de l'autre, du sentiment d'être ensemble. L'amour prend racine dans le tangible, mais ne s'y arrête pas ; il nous appelle à quelque chose de plus élevé : à l'union consciente, à la participation, à la coexistence harmonieuse.

À travers le rituel de la table commune, la frénésie carnavalesque, le partage du repas et le désir sexuel se confondent. À table, comme en amour, l'instinct trouve le moyen de s'exprimer sans dominer, de surgir des profondeurs insondables et de rencontrer l'autre – le convive – dans la lumière de la relation.

La matière, la jouissance des instincts primaires, cesse alors d'être une fin en soi.

Tsiknopempti scelle le cycle du plaisir avant la purification qui conduit au dépassement de l'abstinence de la corruption, et ainsi le dîner commun complète la tension, laissant place à la conscience.

L’amour, le dîner et la purification, formant un triptyque, se révèlent être les étapes d’une même expérience : l’arrivée du printemps, l’accueil de la Vie et de la Création.

Lorsque cette cérémonie est terminée, la purification survient – non pas comme un rejet de l'instinct, mais comme sa transformation.

Car seule l'expérience vécue en pleine conscience peut transcender le monde chthonien et ouvrir la voie à une forme d'existence plus mature et créative.



 
 
 

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